07/11/2017

Les contes interdits - Blanche-Neige - L.P. Sicard

Une femme coupable d’un crime dont elle n’a plus souvenir.

Une évasion vers une forêt où la noirceur ne vient jamais seule.

La découverte d’un manoir abandonné aux secrets bien cachés.

Des bougies qui s’éteignent, des ombres qui se lèvent, des objets qui se déplacent d’eux-mêmes.

Et des coups qui résonnent contre la porte, avant d’être défoncée…

Éditeur: AdA
Genre: Suspense horrifique 
Parution: Septembre 2017










Blanche-Neige est un roman écrit pour un public averti : dès le premier chapitre, j'ai dû m'accorder une petite pause puisque la scène décrite est crue et sans détour. L'endroit, l'ambiance ainsi que les émotions et la fragilité de la jeune Émilie nous la fait prendre aussitôt en pitié. On se met aisément dans sa peau et on la sent plus que désemparée. Son histoire, celle d'être internée pour un crime dont elle n'a aucun souvenir, au point où elle croit que tout cela n'est qu'une erreur, nous intrigue au plus haut point.

Des choses étranges se produisent dans le bois à proximité de l'asile. Est-ce l'endroit qui est ensorcelé ou est-ce l'imagination débordante d'Émilie qui invente des scénarios invraisemblables ? L'ambiance est de forte intensité, surtout au manoir, autour duquel les situations sont macabres et angoissantes. Émilie est sûre de ce qu'elle voit, mais c'est absolument le contraire pour nous : tout éveille nos soupçons. Et, malgré le caractère osé du texte, nous avons cette envie d'en vouloir encore plus, de découvrir la vérité. Au fur et à mesure que le récit avance, on en vient à se perdre autant qu'Émilie. Est-ce que tout ce qui est décrit est la triste réalité ?

Évidemment, dans cette réécriture de Blanche-Neige, l'auteur utilise à sa façon les éléments vedettes du conte (la maison abandonnée, les sept nains, la sorcière et la communication avec les animaux). Tellement qu'elle est surprenante, la fin nous laisse pantois, ahuris et même désorientés. Elle reste ouverte et, sur le coup, je crois que c'est ce qui m'a le plus déstabilisée. Après avoir pris un certain recul et du temps pour y réfléchir, tout s'est imbriqué. Je considère avoir assemblé le casse-tête, trouvé un scénario plausible, dans la mesure du possible. L'intrigue est ficelée de manière brillante et ingénieuse. 

La façon de narrer de Louis-Pier Sicard illumine le récit ; ses mots sont d'une grande beauté dans un monde si noir. Son côté poétique transparaît dans ses phrases et l'histoire coule d'elle-même, avec un petit quelque chose d'unique. Pour bâtir un tel scénario et pour que tous les éléments aient du sens entre eux, il faut être doué. L’aspect sombre du récit ne rend pas la lecture toujours facile, mais elle est à cent pour cent captivante. C'est un conte lugubre, mais fascinant, pour un public qui n'a pas froid aux yeux !


Merci à AdA   
pour ces frissons




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