02/05/2016

Le Grand Galop - Marie-Noëlle Gagnon

C’est la vie d’adulte qui est différente de ce que j’imaginais, bien sûr, rien n’est jamais aussi parfait qu’en imagination, mais avec le temps heureusement j’ai appris à colorier mon bonheur sans dépasser les lignes.

Elle avait rêvé d’une carrière de funambule, d’une maison avec des sapins et des balançoires, d’une fille qu’elle appellerait Anne. D’un amour qui durerait toujours. Que faire lorsque de ses rêves il ne reste que des retailles sinon les plier et les ranger dans un tiroir fleurant bon la lavande? C’est qu’elle ne sait pas vivre sans laisser son imagination la précéder, et c’est ainsi qu’elle avance et recule, accompagnée de son vautour, de sa mère toute d’ombre et de lumière, de ses souvenirs qu’elle revisite grâce à un passage secret dans sa garde-robe…

Porté par une écriture poétique, ce roman à la forme audacieuse explore les éblouissements et les fracas d’une jeune femme qui refuse la banalité et pourchasse l’extraordinaire.

Éditeur :
Québec Amérique
Genre :
Récit / Imaginaire
Parution : Septembre 2015



Avant de commencer, je tiens à souligner la magnifique couverture. Juste en la regardant je me suis mise à saliver ; il me le fallait. En plus, l'auteure m'a aussitôt happée avec la toute première phrase de la quatrième de couverture qui m'a murmuré à l'oreille que je ne pouvais pas le laisser là. 

La fine plume de l'auteure m'a faite voyager au pays des mots. Elle a une manière d'écrire que j'ai rarement vu, pour ne pas dire jamais! Pendant la majorité du roman, la narratrice met en parallèle ses rêves et la réalité par rapport à des situations quotidiennes, mais aussi envers son enfance. Le personnage principal se fait des scénarios par-dessus scénarios, des plus rose au plus noir, pour ensuite nous exposer la réalité. On se peinture un tableau pour le repeinturer et le retoucher. Pour ne pas mentir, je dois dire qu'au début cela m'a paru un peu déstabilisant. Nous devons se faire au style d'écriture ; prendre le temps de l'apprivoiser. Mais assez rapidement on adopte ce nouveau style et on en vient qu'à aimer c
ette façon de narrer qui sort des sentiers battus ; c'est différent et intéressant.

L'imagination plus que fertile est imagée d'une façon exagérée en créant de très belles caricatures. Sa prose métaphorique m'a beaucoup plu. Dans un contexte réaliste qu'est la rupture amoureuse, l'auteure nous décrit bien les sentiments que notre personnage principal ressent ainsi que les multiples scénarios que son imagination produit... comme la plupart d'entre nous. On peut certainement se reconnaître à un moment ou un autre. Décrit comme ça, on se rend compte qu'au final on se fait peut-être trop de scénarios trop vite et qu'on stress peut-être même pour rien. J'acclame aussi le merveilleux parallèle que l'auteure a inclut entre le funambulisme et la vie. Et il ne faut pas oublier Phil et Flore qui apportent un côté fantasque avec leur âme poétique et leurs petits papiers laissés au gré du vent.

Alors qu'on se demande dans quelle direction on s'en va, le roman prend une toute autre tournure... que je vous laisse découvrir. Les dernières pages à explorer les rêves d'une fillette et sa vision de voir les choses sont tout simplement sublimes. L'auteure a un talent indéniable pour s'exprimer et construire de belles images ainsi que de belles pensées. Marie-Noëlle Gagnon : un nom a retenir, une auteure qui a son style d'écriture propre à elle.

C'est un livre qui me laisse un goût de "good feeling book". Un livre qui nous fait sentir bien et qui nous donne envie de rêver. De rêver mais aussi de vivre cette vie imaginée... ou du moins en parcelle et du mieux qu'on le peut. De faire de nos moments, des moments de bons souvenirs. 

"Comme une bête mal élevée 
mon esprit repart aussitôt au galop 
jusqu'à ce qu'on le passe au lasso."


Merci à Québec Amérique     
pour la lecture           
            




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